3.2.4. Proportions Eléments Figurés/Phase de Liaison

Il existe une certaine ambiguïté dans l'utilisation des termes de texture et de structure. Nous définirons donc le sens dans lequel ils sont le plus souvent employés en pétrographie sédimentaire.
La texture est l'ensemble des caractères de forme, de taille et de position des éléments les uns par rapport aux autres (jointifs ou non par exemple).
La structure est le mode d'assemblage des grains dans les trois dimensions d'une roche. Elle caractérise la géométrie dans l'espace des différents composants : alignés, stratifiés, dispersés, concentrés, etc...

Parmi les différents paramètres relatifs à la texture, deux seront d'une importance primordiale pour appréhender les conditions de sédimentation et de diagenèse. Il s'agit :

(1) des paramètres granulométriques et notamment celui qui caractérise la taille moyenne des grains (médiane ou moyenne) et celui de son classement. En ce qui nous concerne, ces paramètres seront évalués de façon sommaire et toute relative :
– pour la granulométrie*, les grains seront dits fins, moyen ou grossier ;
– pour le classement les grains seront mal à très mal classés (= hétérométriques ou hétéro granulaires), moyennement classé ou bien à très bien classés (= homo métriques ou homo granulaires).
Rappelons que ces paramètres granulométriques sont importants parce qu’ils donnent des indications sur l’environnement sédimentaire (niveau d’énergie du milieu et processus sédimentaire)
(2) des paramètres qui traitent du rapport entre éléments figurés et phase de liaison : il s’agit de reconnaître si ces éléments figurés sont jointifs ou bien si ils sont dispersés au sein de la phase de liaison. C’est une appréciation extrêmement délicate et subjective parce qu’il faut préjuger des contacts entre grain dans les trois dimensions à partir d’observation sur un plan (la surface d’observation ou la lame mince qui sont en 2D). Pour répondre à ce problème, il existe, fort heureusement, des « chartes visuelles d’évaluation », dont nous donnons un exemple ci-dessous. Ces chartes permettent de déduire le pourcentage relatif des grains (ici en noir) par rapport à l’espace inter granulaire (ici en blanc). Les valeurs données sur l’exemple représentent donc les pourcentages de surface noire (grains) par rapport à surface observée.

* Il convient de faire remarquer que le terme de granulométrie communément utilisé n’est pas français, le terme approprié mais peu utilisé est granularité.

Charte visuelle d'évaluation

On estime que :
  1. à partir de 40 % les grains sont jointifs,
  2. entre 30 et 40 % ils sont sub jointifs,
  3. entre 20 et 30 % ils sont sub flottants,
  4. au dessous de 20 % ils sont flottants.

Tout ceci est extrêmement subjectif parce que intervient également dans l'appréciation la forme du grain. Pour des bioclastes en baguette comme les fragments de bivalves par exemple, on peut être amené à réduire les valeurs de 5 à 10 %.
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